Voies romaines

Il faut d’abord «  rendre à César ce qui est à César ».

 

Au lire de certains documents, on serait tenter de croire que la gaule avant César n’est qu’une vaste forêt et que nos « ancêtres les gaulois » vivaient dans de petits villages établis dans une clairière. Image d’Epinal qui est loin de la réalité. Les peuples qui vivent en Gaule sont des peuples sédentaires qui cultivent donc des terres sur de larges espaces déboisés. Ils  font aussi  du commerce, importent et exportent blé, étain, bronze, fer, vin et bien d’autres choses. Pour ce faire, ils utilisent ou créent des voies de communications qui maillent toute la Gaule.

La meilleure preuve que l’on puisse avoir de ce maillage, c’est que César utilise ces voies existantes quand il déplace ses légions pendant la « guerre des Gaules ».Il n’aurait pu se déplacer aussi facilement  si il avait dû tracer des routes au travers de vastes forêts.

Si tel avait été le cas César n’aurait pas manqué de donner des précisions sur les difficultés rencontrées pour mieux  vanter  l’effort qu’il aurait demandé à ses légions de fournir.

Une autre preuve de l’existence de ce réseau antérieur vient du fait que Les Gaulois sont  à l’origine de la plupart des véhicules utilisés par les Romains. Les gaulois sont de très bon charron, il savent assembler le fer et le bois. Selon Wikipedia : » les Romains ont très tôt repris de nombreux mots gaulois désignant des véhicules : le carros, passé en latin sous la forme carrus « char », la carruca « char à deux roues », l’*edsedon ou *adsedon, passé en latin sous la forme esseda, le carbanton « char à deux roues », passé en latin sous la forme carpentus  ou encore le petorriton « char à quatre roues », passé en latin sous la forme petorritum ».

( sources https: //fr.wikipedia.org/wiki/Voies_romaines_en_Gaule )

Je vous renvoie au site ci-dessous  pour une présentation détaillée des différents modes de transport

http://www.e-stoire.net/article-les-vehicules-de-l-antiquite-romaine-79529584.html.

On sait que les romains utilisaient essentiellement des chariot à deux roues, mais les charges lourdes étaient transportées sur des chariots à quatre roues.

Une question pratique reste posée : comment faisait on pour faire prendre un tournant à angle droit à un véhicule à quatre roues qui n’était pas doté d’un train avant mobile ce qui est le cas de tous les chariots à quatre roues de   l’époque romaine ?

Ce détail pratique explique peut-être pourquoi ces axes de circulation romains  sont rectilignes, ou avec des changements de direction faiblement marqué et peu nombreux.

On peut même dire  désespéramment rectiligne dans les pentes. Les chariots à 4 roues faits pour transporter de lourdes charges devaient être très dangereux dans ces pentes, les freins à disque et l’assistance au freinage n’existaient pas.

voie romaine col de saverne
Col de Saverne

Ce détail pratique explique aussi pourquoi de nombreuses voies romaines étaient dotées d’ornières parallèles. Celles-ci devaient assurer la direction des chariots surtout dans les courbes et les montées et descentes.

Voir pour ce détail le site   https://alsatiae.wordpress.com/voies/

C’était si l’on peut-être le pilotage automatique des chariots de l’époque !!

On peut se demander si la création d’un essieu mobile fiable (grâce à l’usage de renfort en fer permettant de limiter le frottement et l’usure du bois,  technique que maîtrisaient bien les gaulois) n’a pas permis aux romains de modifier leurs routes aux abords des pentes en créant des lacets sinueux permettant d’en diminuer la pente. ( II ième, III ième siècle ? )

Une chose est sure, les romains rendent ces axes beaucoup plus praticables quel que soit le  temps grâce à leur technique  de mise en œuvre, mais surtout par un entretien régulier.

Les bornes milliaires

Implantées en bordure des grandes voies majeures, les autoroutes de l’époque, elles ont plus pour objectif de valoriser l’ego de celui qui en  a ordonné l’exécution ou l’aménagement de la voie que de donner des informations, comme le faisaient autrefois nos bornes kilométriques pour nos voyageurs.

En effet, si ces bornes sont numérotées par rapport à l’éloignement de la ville dont est issu la voie qu’elles bornent, elles ne donnent jamais d’indication sur la distance à laquelle nous sommes de la prochaine grande ville.

Pour un voyageur fatigué par l’effort déjà fourni, l’œil sur l’horizon, quelle distance il reste à parcourir est l’une de ses préoccupations, beaucoup plus que le trajet parcouru.

On peut s’étonner que les romains si pragmatiques n’aient pas pensé à ça.

Certains me diront que les bornes numérotées à partir d’une ville cèdent normalement le pas à la borne la plus éloignée de la grande ville suivante et il semblerait que ce ne soit pas aussi évident. Ainsi,  c’est donc souvent  au mieux à mi chemin que l’on sait enfin quel effort il reste à fournir. A mi chemin si les deux cités ont des territoires identiques. Quand on part d’une très grande ville, on attend très longtemps avant d’avoir un renseignement utile !

Les différentes sortes de voies :Carte voies-romaines-en-Gaule

sources: https://fr.wikipedia.org/wiki/Voies_romaines_en_Gaule 

– Voies prétoriennnes (viae stratae consulares, praetoriae ou militares), administrées par Rome. Elles formaient un important réseau de communication, la clé du succès et de la survie de Rome. Elles permettent le déplacement rapide des troupes, de leur ravitaillement et la circulation des informations.

– Voies vicinales, administrées par les municipalités (viae vicinales viae rusticae) elles relient les bourgs et les cités  les uns aux autres

– Chemins ruraux  (viae terranae Viae privatae, rusticae, glareae or agrariae) organisent les déplacement sur le territoire d’une agglomération.

Structure des voies 

Chacune de ces voies sont dotées de bas côtés de part et d’autre de l’axe et d’une largeur de l’ordre de 2 m.

Les voies dans leur partie dédiée au roulement sont découpées en bandes parallèles de 1’ordre de 1,5m qui vont toujours par paire. Le plus petit chemin fait donc approximativement 3 m de large.

Les voies plus importantes peuvent avoir, soit 4 jusqu’à 12 bandes parallèles.

Ces bandes parallèles sont empierrées sur toute leur surface. Je pense que ces bandes parallèles sont les vestiges des travaux préparatoires  qui consiste à décaper la terre arable, et arriver jusqu’au sol vierge avant de procéder à un empierrage avec de gros galets.

Les voies les plus importantes sont dotées d’un bande de roulement empierrés d’une façon plus conséquente avec un blocage à la chaux. Cette bande roulement est de l’ordre de 5 m et n’est curieusement pas implantée au milieu et avec un chevauchement par rapport aux bandes préparatoires. De chaque côté nous avons jusqu’au bas côté d’une part 5 m d’autre part 8 m

Des marquages spécifiques

Chacune de ces voies est dotée d’un marquage tout les 25 pas soit  approximativement  tout les 12 à 13 m.

Mais ce marquage n’est pas réalisé à partir du centre d’une cité mais à partir d’une voie importante qui la coupe à la perpendiculaire.

Et ce marquage progressif est identique à droite comme à gauche.

Il présente donc les mêmes défauts que les bornes milliaires ; on sait à quelle distance nous sommes de la voie importante qui a coupé celle  que nous utilisons, sans savoir à quelle distance se trouve la prochaine.

Il s’agit d’un marquage compliqué et progressif. La question reste posée de savoir si ce marquage était visuellement marqué en bordure des chaussées ou si elle était spécialement réserver à l’équipe chargée du bornage ou de l’entretien de cette chaussée

Les voies prétoriennes, véritables autoroutes de Rome

Une emprise d’une largeur impressionnante

Comme nos autoroutes actuels ces voies sont généralement doubles. Nous avons tout le long de leur parcours deux voies chacune d’approximativement 22 m de large (bas côtés compris) qui sont séparées par un terre plein central d’une dizaine de mètres.

C’est cette disposition qui nous rappelle nos autoroutes.mais  la comparaison s’arrête là.

Une seule des deux voies est dédiée au trafic et encore sur un portion de celle-ci, en effet la bande roulement spécialement renforcée pour l e trafic n’est généralement que de 5 à 6 m de large alors que la voies fait (bas côté non compris)  fait  20 m .

L’autre voie ressemble à une réserve foncière. Peut être était elle utilisée lors de la réparation de la voie principale !

Cette double voie ressemble  au Cardo principal du centre du camp romain initial de Toulouse

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